Orientation : il est grand temps de développer l’Orientation intégrative®

S’il y a bien une thématique qui soulève son lot de questions lorsqu’arrive la fin de l’année scolaire, c’est celle de l’orientation des élèves.

Depuis des années, que dis-je, depuis des décennies, le débat reste toujours le même entre d’un côté, des collégiens ou lycéens à qui on demande de faire des choix de filière, voire de métier, et de l’autre, des enseignants ou conseillers d’orientation à qui on confie la mission de « conseiller » des jeunes gens sans vraiment connaître leurs parcours de vie, leurs rêves secrets ou leur situation familiale.

Etymologiquement d’ailleurs, le terme « conseiller », si l’on en croit le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, signifie « guider quelqu’un en lui indiquant ce qu’il doit faire ». Vous m’avouerez qu’il s’agit purement et simplement de prendre le pouvoir sur une personne en usant de l’autorité que lui confère un titre professionnel.

A ce titre, j’ai visionné une video partagée sur internet qui illustre bien mes propos, même si c’est un tantinet caricatural, de ce que certains d’entre nous ont pu expérimenter auprès d’un « Conseiller d’orientation… »

Je Suis Orientée – Autour D’un Film Productions

Dans ce film, on ne peut que constater l’incompréhension totale qui s’installe entre les deux protagonistes de l’histoire.

D’un côté, une conseillère d’orientation, au demeurant plutôt accueillante, qui s’adresse à une adolescente pour l’aider « à trouver un métier », de l’autre, une adolescente, passionnée de photographie et qui rêve d’en faire justement son métier.

Tout devrait donc se dérouler sans problème : voilà une jeune fille passionnée par une discipline, qui l’exerce déjà avec un certain talent semble-t-il et qui rêve d’en faire son métier. Il suffirait donc à la conseillère d’orientation de l’accompagner dans la réalisation de son rêve en essayant peut-être de lui trouver la filière idéale pour parvenir à son but…

Seulement voilà, dans nos « vraies » vies d’humains formatés au joug de la rentabilité économique et à la course au diplôme offrant les meilleurs « débouchés » (qu’est-ce que je peux détester ce terme qui se rapproche plus du champ sémantique de la plomberie que de l’avenir de nos enfants !), une conseillère d’orientation ne peut pas laisser une telle jeune fille se perdre dans les méandres d’une carrière artistique.

Et devinez ce qu’elle lui propose de faire à la place ? Je vous le donne en mille ! Prof… Oui vous m’avez bien entendu : prof…

Le top du top de la carrière qui fait rêver en ce moment !

Parce que le secteur artistique, non mademoiselle, ça ne permet pas de vivre !

Vous visualisez bien le cliché là ? Vous comprenez pourquoi on diminue les budgets de la culture aujourd’hui ? Il y a quand même d’autres priorités économiques…

On pourrait alors se dire qu’il ne s’agit que d’un film… Que tout ça n’est qu’une fiction… Certes…

Mais combien sommes-nous à nous être reconnus à travers le regard de cette collégienne désemparée devant tant d’incompréhension concernant son orientation ?

Nous sommes très nombreux je pense…

Cela fait des dizaines d’années qu’on bassine les jeunes, au moment de leur orientation, avec cette histoire de « débouchés » et de filières prometteuses. A mon époque, déjà, on nous disait d’être plombier, mécanicien, infirmière (tiens, on ne disait pas aux garçons de devenir infirmier…), puéricultrice (ça non plus on ne le proposait pas aux garçons…), fonctionnaire, ingénieur agronome ou…prof ! De nos jours, c’est vive l’IA et les nouvelles technologies ! (je caricature bien sûr volontairement…) Et personne ne se pose la question de ce qu’on « aime » faire et de nos élans de contribution à travers notre potentiel…

Si certains possédent des talents artistiques, il faut qu’ils soient particulièrement coriaces pour résister aux injonctions incessantes censées les faire changer d’avis :

« Il n’y a pas d’avenir… »

« C’est une vie de bohême… »

« Ce sont des métiers de crêve-la-faim… »

« Il faut avoir le bras long pour percer… »

« Tu n’es pas Van Gogh… »

Pourtant, qu’y a t-il de plus universellement humain que l’art à part l’amour ?

C’est ainsi qu’on oriente depuis toujours pléthore d’adultes dans des métiers pour lesquels ils ne sont pas du tout à leur place et qu’on se retrouve aujourd’hui avec un nombre important de salariés qui souffrent dans leur travail et rêvent de se reconvertir

Alors je le dis haut et fort :

Dans combien de siècles va t-on enfin permettre à nos enfants d’avancer à leur rythme en leur donnant du temps pour choisir ?

A quel moment se décidera t-on à prendre en compte leurs passions et compétences afin de les accompagner sur le chemin de leurs rêves ?

Quand va t-on comprendre que chaque enfant, chaque adolescent, recèle un trésor à l’intérieur de lui qui ne demande qu’à fructifier si on lui en donne la possibilité ?

Et surtout : quand va t-on enfin former au sein des établissements scolaires, des adultes capables d’être à l’écoute et de pratiquer un véritable accompagnement ? Et pas des « Conseillers » d’orientation qui, malgré leur bonne volonté, ont pour mission d’indiquer à chacun ce qu’il doit faire à partir d’une connaissance très partielle de l’être en face d’eux ?

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